un dimanche à la bibliothèque
dans Archimag n°211- février 2008 : Article pp4-5;
les expériences réussies se multiplient : un dimanche à la bibliothèque
bruno texier archimag - février 2008
Véritable serpent de mer au sein de la communauté des bibliothécaires, l’ouverture dominicale des bibliothèques continue de susciter des discussions passionnées. Malgré les écueils humains, budgétaires et organisationnels, le débat est plus que jamais utile.
Alors qu’il n’était encore que candidat à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy dénonçait « le poids des habitudes, des conservatismes et des statuts archaïques, comme celui qui ferme les bibliothécaires universitaires le dimanche ». C’était le 18 janvier 2007 lors d’un discours prononcé sur le plateau de Saclay (Essonne) devant les étudiants de l’École supérieure d'électricité (Supélec). Quelques semaines plus tard, devant un public de professionnels de la culture, le futur président précisait sa pensée : « Je veux que parmi les chantiers présidentiels, si je suis président de la République, le premier d’entre eux soit d’offrir à chaque grande université, dans chaque région, un campus de dimension européenne. Avec des choses invraisemblables comme des bibliothèques ouvertes le dimanche – un truc à vous assassiner un candidat ! ». Non seulement le candidat n’a pas été assassiné, mais il a été élu haut la main.
Alors qu’il n’était encore que candidat à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy dénonçait « le poids des habitudes, des conservatismes et des statuts archaïques, comme celui qui ferme les bibliothécaires universitaires le dimanche ». C’était le 18 janvier 2007 lors d’un discours prononcé sur le plateau de Saclay (Essonne) devant les étudiants de l’École supérieure d'électricité (Supélec). Quelques semaines plus tard, devant un public de professionnels de la culture, le futur président précisait sa pensée : « Je veux que parmi les chantiers présidentiels, si je suis président de la République, le premier d’entre eux soit d’offrir à chaque grande université, dans chaque région, un campus de dimension européenne. Avec des choses invraisemblables comme des bibliothèques ouvertes le dimanche – un truc à vous assassiner un candidat ! ». Non seulement le candidat n’a pas été assassiné, mais il a été élu haut la main.
Les habitués du quartier Beaubourg à Paris connaissent bien la longue file des lecteurs qui attendent, parfois des heures, une place à la Bibliothèque publique d’information. Disposant de 2 200 places assises, la BPI se voit dans l’obligation de réguler l’accès à ses salles de lecture en particulier le dimanche quand le public se presse en masse au Centre Pompidou. La BPI est en effet le seul établissement à pratiquer l’ouverture dominicale avec la Bibliothèque nationale de France. Mais, si la BPI offre la gratuité, l’accès à la BNF est soumis à un tarif d’entrée ou à une accréditation. Selon les statistiques fournies par la BPI, le pic de fréquentation, et donc d’attente, s’étale le dimanche de 11 heures à 17 heures. Ouverte tous les jours de l’année sauf les mardis et le 1er mai, la Bibliothèque publique d’information atteint une amplitude horaire hebdomadaire de 62 heures, soit bien plus que les 40 heures pratiquées en moyenne par les autres établissements. Lors d’une communication faite devant le Congrès de l’ABF en 2006, Isabelle Dussert-Carbone, adjointe au directeur de la BPI, soulignait que « le personnel est très attaché à ces larges horaires d’ouverture et ressent toute réduction ou fermeture comme une atteinte au service public ». Pour autant, elle précisait que l’extension des horaires devait être envisagée « sans se focaliser sur l’ouverture le dimanche ».
En plus de l'article que vous trouverez en Références dans son intégralité vous pouvez lire l'article ci-dessous: Être ou ne pas être (ouvert le dimanche) ?*
dans la Lettre d'information du réseau documentation (territorial.fr)
Le débat avait il y a peu agité la liste Biblio-fr, et voilà que la question de l'ouverture des bibliothèques le dimanche revient sur le tapis dans la dernière livraison d'Archimag. Pour résumer très grossièrement le débat, disons qu'il y a d'un côté les partisans de l'ouverture dominicale, qui la considère comme une condition de survie et de développement de la lecture publique. Partant du constat que les rythmes et les modes de vie ont changé, que l'organisation du travail a évolué vers plus de flexibilité, ils défendent une adaptation du fonctionnement des bibliothèques aux nouveaux cadres familiaux, sociaux et professionnels. De l'autre, il y a les dubitatifs, peu convaincus de l'affluence qu'entraînerait une modification des amplitudes horaires des bibliothèques, peu convaincus, surtout, par l'impact sur les personnels de cette réorganisation du travail, qui ne ferait qu'entraîner un peu plus de salariés vers un travail dominical qui d'exceptionnel et réservé aux besoins vitaux deviendrait la norme. Archimag a pris le parti de ne pas entrer dans le débat pour ou contre, et a choisi de s'intéresser aux expériences qui fonctionnent, tant en France qu'à l'étranger, parfois 24 heures sur 24 comme dans certains établissements finlandais ou colombiens. La revue s'interroge néanmoins sur les moyens nécessaires à la mise en place ou au maintien d'un service public de qualité, notamment en posant la question de la qualification et du rôle des personnels. Hasard de la mise en page ? On trouvera une brève sur la page suivante intitulée "A quoi servent les bibliothèques ?", qui nous apprend que plus de la moitié des Américains fréquentant les bibliothèques s'y rendent uniquement pour utiliser les accès à Internet...
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